Le papillon de Cecilia.

Chaque concert de Cecilia Bartoli est un régal, cette gourmande d’arias, de cadences, de notes nous prépare des menus complets de saveurs intenses. Je me demande quelle est sa plus grande joie, établir le programme de la soirée ou bien nous le servir porté par sa voix, son souffle et tout son corps ? Pour atteindre autant son public, pour l’amener à un tel bonheur elle se donne toute entière dans une générosité rare, avec sa sensibilité, son intelligence, son aplomb, sa chaleur italienne, sa sensualité, sa liberté baroque et une bonne ration de saugrenuité. Elle nous livre sa compréhension humaine de la musique loin de la mégalomanie qui aliène d’ordinaire le classique avec des orchestres pharaoniques sur instruments modernes, elle nous communique sa curiosité et elle nous embarque dans son ardeur d’exister.

Cecilia nous donne tellement que pour la remercier, parce que l’on ressent une si grande dette envers elle, on veut lui offrir quelque chose, un petit présent, si humble soit-il. De son côté la Romaine éprouve un grand plaisir à rencontrer ses admirateurs et elle consacre quelques minutes à chacun d’où la longueur des séances de dédicace.

Seuls les Schtroumpfs Grognons s’en plaindraient car cela permet en observant notre Diva et ses groupies d’essayer de comprendre à travers leurs échanges avec elle pourquoi la voix et la personnalité de ce petit bout de femme ont tant d’effet sur nous. Accessoirement au vu des offrandes à notre Déesse qui envahissent la table où elle est installée on se sent un peu moins bêta avec son contre-don à la main.
(Non, je n’ai pas régressé comme une gamine pré-pubère devant son groupe de gamins chantants préféré, l’immense talent de Cecilia lui vaut le titre de diva autrement dit « déesse » en latin…)

Dans une revue elle confiait son fantasme d’être un papillon. Dans l’antiquité romaine l’âme prenait la forme d’un lépidoptère en quittant le corps. Je brodais à son intention madame (ou monsieur, allez savoir !) Meandrusa Dabasa payeni sur une toile bleu ciel. D’ordinaire ce bestiau que Jean-Baptiste Alphonse Dechauffour de Boisduval décrivit le premier en 1836 squatte le sud-est de l’Asie. Je ne sais plus quelles bêtises je débitais en l’offrant à la mezzo transalpine…

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Avec Cecilia, l’après-concert est aussi important que le concert : si je n’ai pas une photo, des bisous, une dédicace et surtout quelques mots échangés avec elle, ma soirée n’est pas complète.

 
 

Si la grille de ce papillon aux 105 couleurs vous intéresse cliquez sur “Lettres d’insultes et mots doux” dans la colonne de droite.

Les photos 1, 2, 3, 4 et 7 illustrant cet article proviennent du blog Italians do it better toutes les autres sont les miennes et aucune n’est utilisable sans l’autorisation écrite des auteurs.

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2 réponses à Le papillon de Cecilia.

  1. GF dit :

    Ah! eh bien il lui en a fallu du temps à ce papillon pour voir la lumière du net et se retrouver enfin sous le coup des projecteurs! Magnifique, Dominique, je me demande maintenant juste où elle l’aura accroché… Tu ne fournis pas le cadre?
    Sinon, je tiens à corriger une information capitale sur le droit d’auteur, en plus des photos 1, 2, 3 et 4, la dernière est aussi mienne!
    Le petit oiseau!

    • Dominique dit :

      Ben oui, il est resté longtemps à l’état de chrysalide avant de montrer le bout de sa trompe, ce lascar-là… Il n’a éclot qu’à la faveur de mon besoin urgent de dérivatifs.
      Je fournis déjà la toile teinte par mes soins, le modèle impressionniste soufflé par une drôle d’imagination, la broderie par mes petites mimines alors le cadre… Et puis aurait-elle pu transporter le tout sans casse lors de son retour à Zurich ? J’avais joint les instructions nécessaires pour l’encadrement à l’intérieur du rouleau protecteur.
      Quant à savoir où elle l’a accroché… Moi j’espère surtout qu’elle l’a gardé ou offert à quelqu’un qui appréciera !
      J’ai rectifié la provenance des photos, tu pourras retourner voir la Divine avec tes droits d’auteur.

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