Les graffitis interactifs de ma montée.

« Oh, les beaux murs tous neufs ! » se dit une première volée de garnements. Las, leur imagination ne se rapporte point à la grandeur de leurs œuvres, ils n’honorent nos grands tableaux blancs que de gribouillis moches et indéchiffrables parce qu’ils n’ont pas d’autre pulsion que le désir infantile de barbouiller.

Mais tous ces sales mômes mûrissent et de justes résolutions leurs viennent :

notre montée ressemble alors à un ouvrage de philosophie.

Tout ça manquerait d’un brin de fantaisie sans le ronchon de service : un type dans la quarante-cinquaine bien anti tout que j’ai croisé une fois alors qu’il traçait laborieusement un de ses «connards », «tac = taggueurs aux chiottes», «tag = 0» avec son gros marqueur noir.

Une quatrième fournée de scribes le remet en place :

elle-même moquée par une cinquième vague de littérateurs.

Tout ça sans compter les cacographes de passage qui déposent leur marque en ignorant tout le théâtre dont s’adornent nos murs blancs.

Le moment fatal arrive où la grande affiche de pierre est saturée d’hiéroglyphes et de prose : de gentils organisateurs des menues réjouissances réappliquent alors deux énièmes couches de peinture rose ou beige tout au long de la montée et le spectacle recommence !!

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