Belles dentelles, haute Marie et goûteuses autruches (3)

 
 

La cathédrale recelait encore d’autres merveilles mais notre programme de la journée aussi. Nous décidâmes de nous élever vers les cieux azuréens, nous prîmes la rue du Cloître, nous payâmes l’octroi puis nous commençâmes notre lente progression vers la Toute-Rouge.

 
 
 
 

Le début de notre ascension fut plutôt facile, nous atteignîmes sans trop de peine notre première étape, une boutique de cartes-postales, de boissons fraîches et de bondieuseries. Puis la montée Notre-Dame de France devint plus escarpée, desservie par un escalier pentu et point trop large : nos moteurs chauffaient, nous tachâmes de retrouver un peu de souffle sur les bancs disposés au fil de la grimpette. Notre escalade valait largement quelques gouttes de sueur : après Marie-la-Noire et ses mystères, Marie-la-Rouge et son panorama nous accueillirent sur leur Rocher Corneille d’origine volcanique qui culmine à 132 m au-dessus de la place de l’Hôtel de ville et à 757 m au-dessus du niveau de la mer. Le nom Corneille semble dériver du vieux français cornille (sonner le cor, donner l’alerte) : sur ce point de guet une forteresse dont quelques ruines restent visibles dominait et protégeait la ville.
Au milieu du 19ème siècle, on voulut ériger une statue en l’honneur de la Vierge Marie au sommet du rocher dominant la ville. Les travaux devaient commencer le 8 décembre 1854, jour de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception mais les fonds manquaient. C’est alors que le général Pélissier conseilla à Monseigneur de Morlhon, évêque du Puy de demander à Napoléon III les canons que lui, Pélissier, se faisait fort d’enlever aux Russes au cours de la prochaine campagne de Crimée. L’entrevue eut lieu à Paris le 5 septembre 1855, l’empereur accepta et, trois jours après, le 8 septembre, jour de la Nativité de la Vierge, Pélissier lançait ses troupes à l’attaque des remparts de Sébastopol et s’emparait des canons russes, rapportés en France 213 d’entre eux furent cédés à l’évêque du Puy. La statue fut édifiée entre 1856 et 1860 en accord avec les autorités civiles grâce à de nombreux dons et à une souscription nationale. Œuvre de Jean-Marie Bonnassieux, elle fut inaugurée le 12 septembre 1860 devant 120 000 pélerins Quelques années plus tard, une statue de Monseigneur de Morlhon fut installée à ses pieds.
La statue mesure 16 mètres de haut, 70 m avec le piédestal et pèse 110 tonnes, elle est composée de 105 morceaux boulonnés. Le piédestal en pierre (680 tonnes) est recouvert de 45 tonnes de fonte de fer, il mesure 6,70 m de haut. La tête de l’Enfant Jésus pèse 1 100 kilos et son bras 600 kilos. La chevelure de la Vierge a 7 m de long, d’un pied qui mesure 1, 90 m elle écrase un serpent de 17 m. A l’intérieur il y a 107 marches pour monter au niveau du cou. Marie porte une couronne de douze étoiles ainsi que l’a décrit saint Jean dans sa vison de Patmos car elle est la Reine du Puy, de la France et du monde. Son manteau royal est parsemé de fleurs et de pierres précieuses. Elle est la Mère et elle tient son enfant sur son bras droit de façon à ce qu’il bénisse la ville sans lui cacher le visage. Elle est l’Immaculée Conception et, de son pied virginal, elle écrase la tête du serpent maudit. Elle est la Médiatrice et les eaux abondantes qui jaillissent du Rocher Corneille sont le symbole des grâces qu’elle répand.

Les copines furent déçues : elles projetaient d’utiliser un peu de l’eau bénite qu’elles comptaient trouver aux pieds de Marie pour contrer les effets néfastes des pavés ponots.

et me faire avaler tout le reste pour accélérer la conversion de la mécréante que je suis, las ! point de flotte sacrée mais je vis les prémisses d’autres espérances : un petit lézard trottina jusqu’à mes pieds. Par des voies bien à moi j’y vis le signe que ce futé de Belzébuth dont je dis le plus grand bien ici sait que les Grands Diables en costume d’apparat comme le serpent qu’écrabouille Marie ça n’est bon que pour flanquer une sainte frousse aux crédules qui veulent à tout prix le voir partout : puisqu’ils veulent du grandiose, ils en ont !! Mais pour picoter efficacement ceux qui s’en fichent de plus en plus, rien ne vaut des légions de petits diablotins tous mimis.

De ce perchoir en ce jour d’été, il me sembla que Le Puy doit être une ville très agréable à vivre avec toute cette verdure, son site avec des reliefs d’où l’on peut voir au loin et faire le plein d’immensité (la plaine m’ennuuuuiiiieeeeee…).

 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 

Je compatis en voyant des grimpeurs sur les flancs de Saint-Michel-d’Aiguilhe, chapelle édifiée au sommet de la cheminée d’un volcan apparu il y a plus de deux millions d’années qui me rappela un peu les Météores en Grèce.

 
 
 
 
 
 
Rassasiées de hauteur, de Marie et pour moi de vertige, nous entreprîmes de redescendre : il faut dire ce qui est, ça va plus vite…

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pendant notre retour en ville j’achevai de me ruiner (Dites, les Dieux là-haut dans les cieux, zêtes priés d’arrêter de soumettre à la tentation la petite chose que je suis, nanmého !!) avec deux autres tuniques en lin bordées de dentelles que l’on me garantit faites mains mais sans me dire où œuvraient les mains en question : vu le prix, je doute que ce soit sous nos latitudes…

 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
À suivre…

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